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Vendredi 29 septembre 2006
ACTE UN
Mais avant, un petit dessin (issu de la planche 10 du tome 2 de Peter Rob, dessinateur Nelson Castillo, à paraître début 2007 chez Bamboo)...
 
 
Le but de l'acte un est de donner un indice sur la courbe dramatique de l'histoire.  Sa longueur sera de 1 ou 2 scènes (entre 4 et 8 pages).
 
A la fin de l'acte un, on place le premier pivot, appelé catalyseur dont le but est de lancer l'histoire, de la démarrer véritablement grâce à un événement et de poser la question dramatique fondamentale. Il faut y découvrir tous les personnages qui ont une importance dans l'intrigue principale et, si possible, commencer la scène d'exposition par une image: lieu, rythme, style, thème. Il est important de faire percevoir au lecteur le plus d'éléments possibles grâce à cette image.
 
La question dramatique fondamentale (la réponse sera donnée dans la résolution, lors du climax) fait que chaque histoire est un mystère. Exemples : Peter Rob parviendra-t-il à dérober le manteau de Léonard de Vinci (réponse au climax du tome 1 : « oui » mais Kitty le doublera...
Voici quelques catalyseurs intéressants :
  • explosion, meurtre
  • élément d'information que reçoit un personnage (lettre,?)
  • série d'incidents qui s'ajoutent
  • évocation claire d'une situation
Dans l'acte un figurent également le thème et le mythe.Il est essentiel que le scénariste se pose les bonnes questions concernant ces sujets :
 
Le thème :
  • Puis-je dire mon thème en une seule ligne ?
  • Est-ce que mon histoire sert ce thème ? Est-ce que le thème sert l'histoire ?
  • Est-ce que mon thème est exprimé par les personnages et l'action plutôt que le dialogue ?
  • Mes images aident-elles à développer le thème ?
  • N'ai-je pas un thème secondaire qui crée un conflit avec le thème principal de l'histoire ?
Le mythe :
  • Est-ce que j'ai un mythe qui fonctionne dans mon scénario ?
  • Quels sont les temps forts que j'utilise pour le voyage du héros ?
  • Est-ce que j'ai besoin d'un mentor (sorcier, sage, etc.)  qui m'aiderait à donner une dimension au voyage du héros ?
  • Est-ce que j'ai un mythe qui fonctionne dans mon scénario ?
  • Mon personnage évolue-t-il au cours du voyage ?
Signalons que le scénariste doit bien penser à ne pas commencer par un mythe mais à le laisser s'épanouir au cours de l'histoire (sous peine de rendre le scénario trop prévisible). Le mythe doit apparaître en filigrane de l'histoire.
Enfin, à la fin de l'acte un :
  • Le personnage principal s'est mis en branle : d'où vient-il ? quels sont ses opposants ?
  • Les principaux personnages sont présentés
  • Le conflit central est posé
  • L'histoire va commencer
  • Nous savons où nous sommes et où nous allons
  • La question dramatique fondamentale est posée
 Suite au prochain article...
par Romuald PISTIS publié dans : Théorie du scénario
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Mercredi 27 septembre 2006
 
Les enjeux de l’histoire
 
L’enjeu représente le risque encouru par le héros. Cet enjeu est nécessaire car il permet au lecteur d’établir un lien avec sa propre existence. L’enjeu correspond à ce qu’il est nécessaire de faire pour survivre dans notre monde. Le psychologue Abraham Maslowe a conçu une hiérarchie en sept parties des besoins humains qui expliquent et clarifient ce qui nous motive, ce que nous voulons et ce qui est en jeu si nous ne l’obtenons pas.
 
  1. Survivre
  2. La sécurité
  3. L’amour et les biens
  4. L’estime et l’amour-propre
  5. La nécessité de savoir et de comprendre
  6. L’esthétique
  7. La réalisation de soi
Pour augmenter les enjeux dans n’importe quel scénario, on peut travailler avec ces besoins de façon variée.  On peut également faire en sorte que le but reste hors de portée du héros. Un but réel, qui fonctionne bien, n’est jamais facile à obtenir. Plus nous nous sentons proches des désirs du personnage de réaliser ses buts, plus nous pouvons ressentir quelques chose pour ce personnage.
 
Le Mythe
 
Chaque héros fait le même voyage qui passe par l’expérience de la croissance, du développement et de la transformation. Il vit les mêmes histoires : la quête du compagnon parfait, le retour chez soi, la recherche d’un accomplissement, la poursuite d’un idéal. Les mythes sont des histoires communes à notre conscience collective.
Suite au prochain article où nous passerons en revue les trois Actes... 
par Romuald PISTIS publié dans : Théorie du scénario
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Mardi 26 septembre 2006
Voici de nouveau quelques définitions cruciales pour le scénariste.
Mais avant, un petit dessin (issu de la planche 8 du tome 2 de Peter Rob, dessinateur Nelson Castillo, à paraître début 2007)...

Annonce et chute – Contrastes – Motifs récurrents – Intrigue secondaire
Scène centrale – Point d’action – Obstacle
 
Procédés d’annonce et de chute : indice visuel ou élément de dialogue utilisé pour établir une action ou en des renseignements dont la chute aura lieu plus tard (exemple : zoom sur un couteau qui deviendra plus tard l’arme du crime) . Chaque élément qui est établi et annoncé doit faire l’objet d’une chute. 
 
Les contrastes: les contrastes permettent à l’auteur de jouer sur les contraires et d’aider le lecteur à établir des relations en montrant les différences entre deux parties de l’histoire différente. Un contraste accentue très fortement certains éléments d’informations en les faisant beaucoup plus remarquer parce qu’on nous a présenté le contraire. Les contrastes servent également à montrer les différences entre les personnages, les scènes et les lieux.
 Les motifs récurrents : un motif est une image récurrente qui est utilisé tout au long de l’histoire pour approfondir et donner une dimension à la ligne narrative. C’est lorsqu’ils sont repris plusieurs fois dans le scénario que les motifs récurrents aident le lecteur à se concentrer sur certains éléments-clés de la ligne narrative principale.
Intrigue secondaire: une bonne intrigue secondaire fait avancer la ligne narrative de l’intrigue principale (elle permet au personnage et à l’histoire de prendre une dimension supplémentaire, de s’épaissir, de prendre de la densité ).  Une bonne intrigue secondaire interagit avec l’intrigue principale en la faisant avancer ou changer de direction et, enfin, une bonne intrigue secondaire porte tout le thème de l’histoire. Exemple de thèmes : l’amour, l’identité, l’intégrité, l’avidité, etc. Une intrigue secondaire peut également révéler la vulnérabilité d’un personnage ou bien ses rêves et ses désirs. Alors que le personnage principal est tout occupé par l’intrigue principale, l’intrigue secondaire lui permet de tomber amoureux, d’écouter un morceau de musique, d’apprendre une technique de combat, etc. Une BD sans intrigue secondaire court le risque d’être trop linéaire. Généralement une ou deux intrigues secondaires sont nécessaires, rarement plus. Tout comme l’intrigue principale, l’intrigue secondaire doit posséder une structure en trois actes avec des pivots et des scènes d’exposition claires.  
 
Scène centrale:comme son nom l’indique, la scène centrale divise le scénario et l’acte deux en deux. Ceci crée une direction pour la première moitié de l’Acte Deux et donne un changement de direction de la seconde moitié de l’acte tout en conservant la focalisation générale de l’Acte Deux (qui a été déterminée par le premier pivot).
 
Point d’action : événement dramatique qui suscite une réaction. Généralement cette réaction provoque une autre action. Un point d’action est forcément visuel puisqu’il fait avancer l’action (pas de dialogue pour un point d’action). Les points d’action sont les plus importants dans l’Acte Deux car c’est là qu’un scénario a besoin d’être dynamique. Un point d’action peut être un pivot ou un obstacle (que le héros doit surmonter pour parvenir à ses fins).
 
L’obstacle : l’obstacle, qui empêche le personnage de découvrir un indice ou d’accomplir une action, est un exemple de point d’action car il oblige les personnages à prendre une décision. Notons qu’un obstacle créent une pause dans l’histoire. L’histoire se développe après que l’action de surmonter l’obstacle a été prise.
 
Suite au prochain article où nous parlerons des enjeux de l’histoire et du mythe…
par Romuald PISTIS publié dans : Théorie du scénario
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Jeudi 21 septembre 2006

Il ne suffit pas d'avoir une bonne idée et de coucher l'histoire sur le papier pour faire un scénario. Il existe des règles, des techniques scénaristiques qu'il faut appliquer. Si l'aventure vous tente, je vous conseille de consulter l'excellent site Scénario Pôle qui vous renseignera sur la dramaturgie, de la théorie à la pratique. Le livre "Faire d'un bon scénario un scénario formidable" (de Linda Seger, publié chez Dixit) s'avère également riche d'informations. Sinon, voici un petit mémento.

Pivot – Dynamique – Absence de dynamique – Unité d’un scénario

La ligne d'intrigue principale est divisée en trois actes : l'exposition (Acte Un, 20% de l'histoire), le développement (Acte Deux, 60%) et la résolution (Acte Trois, 20%). Chaque acte est séparé par un pivot.  

Pivot : tournant, renversement dans l’histoire. De nombreux pivots peuvent avoir lieu dans l’histoire mais, dans une structure en trois actes, il faut qu’il y ait deux pivots pour que l’action continue à progresser : l’un au début de l’Acte Deux et l’autre au début de l’Acte Trois. Un pivot permet à l’action de changer de direction afin que de nouveaux événements se déroulent et que de nouvelles décisions soient prises. Grâce aux pivots, l’histoire acquiert une dynamique tout en conservant ses points de focalisation.

Dynamique d’un scénario : on parle également de rythme. On parle de dynamique lorsqu’une scène conduit à la suivante. Le développement d’une scène est préparé par la scène précédente qui en contient tous les « germes ». Les scènes sont reliées les unes aux autres par une relation de cause à effet. Mais il faut cependant faire attention à ne pas être trop prévisible dans le déroulement des scènes, sinon l’histoire manquerait vite de subtilité, de surprises et d’ampleur. C’est là toute la difficulté de rendre un scénario dynamique sans le rendre prévisible.

Absence de dynamique : l’absence de dynamique est le problème le plus fréquent dans un scénario. Cette absence provient de la structure en trois actes qui n’est pas suffisamment définie par des pivots clairs. C’est le plus souvent le cas lorsque l’histoire s’écarte de la ligne narrative principale. Certains auteurs tentent de résoudre l’absence de dynamique en ajoutant de l’action à l’histoire mais dynamique ne signifie pas allure.

Unité d’un scénario : Chaque œuvre artistique possède une cohérence globale, une harmonie générale, une idée d’unité. Un morceau de musique, par exemple, tient son unité de ce qu’elle a un début, un milieu et une fin. Quand un scénario manque d’unité, c’est qu’il ne suit pas une ligne d’intrigue principale claire et bien exposée. On dira généralement que l’histoire semble décousue. Un scénario bien unifié ne signifie pas un scénario sans surprise mais une histoire bien construite, de façon cohérente. Pour unifier un scénario, il faut bien entendu respecter la structure en trois actes, les pivots, l’intrigue secondaire et l’arc transformationnel d’un personnage. Cela peut se réaliser à l’aide de quatre procédés bien connus des scénaristes : les procédés d’annonces et de chute dramatique, les motifs récurrents et les contrastes.  

 

 

 

Suite au prochain article…

par Romuald PISTIS publié dans : Théorie du scénario
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Samedi 16 septembre 2006

Voici les premières planches en couleur du tome 2 de Peter Rob (publié chez Bamboo) réalisées par Nelson Castillo.

Pour vous mettre l'eau à la bouche, une petite vignette issue de la planche 12...

Voici la planche 3 et la planche 7.

 

par Romuald PISTIS publié dans : Planches T2 Peter Rob
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